Dans quelques semaines auront lieu les élections municipales et peut-
être des élections législatives en fonction de l’issue du débat budgétaire
à Assemblée nationale.
Quelles sont les perspectives en Corse, en particulier à Ajaccio et à
Bastia ? Pas particulièrement brillantes pour la gauche insulaire. Pour
l’heure celle-ci est incapable de surmonter ses divisions. Le champ est
donc libre, entre autres, pour les forces d’extrême droite, pour le
clientélisme traditionnel qui a tant fait de mal à notre île. Entre
parenthèse, curieux renversement de situation. Naguère le père Lepen
n’avait pas pu poser un seul doigt de pied sur le sol corse ! Aux
dernières élections présidentielles sa fillette réalisait des résultants
époustouflants. Pour quelles raisons ? Celles-ci sont multiples : le recul
des idées nationalistes, la persistance du clientélisme endémique et la
division quasi chronique de la gauche dont l’étiage actuel est au plus
bas. A cela il faut ajouter une situation sociale et économique qui se
dégrade de jour en jour. Avec pour résultat une absence de perspective
pour la grande majorité de la population corse. Deux tendances se
dégagent. Un repli sur soi, la montée de l’intolérance et du racisme. On
l’a vu récemment avec l’affaire du jeune sénégalais à Ajaccio dans
laquelle l’outrance et l’insulte tenaient lieu d’argument.
Mais où sont donc passées la mesure, la réflexion et la nécessité d’un
vrai débat sur l’ensemble de nos problèmes ?
Autre conséquence, et non des moindres, c’est de l’absence de
perspective, c’est le refuge dans l’abstention qui gagne du terrain en
Corse (voir les dernières élections régionale et présidentielles).
La nécessaire union de la gauche
Alors « Que faire » pour reprendre le titre d’un livre d’un célèbre homme
russe du début du XXe siècle ?
La gauche n’a d’autre alternative que de se ressaisir, de surmonter ses
divisions stériles et de redonner confiance à la grande majorité des
Corses qui souffrent des conséquences de décennies de politiques
ultralibérales.
La gauche dans sa diversité doit cesser également ses querelles
mesquines et partisanes. Il ne peut plus y avoir de partis hégémoniques
ou porteurs de la vérité absolue.
La solution, à l’approche des Municipales, c’est de s’unir sans
compromission sur la base d’un programme communal qui reprend tous
les problèmes prioritaires qui se posent à nous tous (logement social,
transports publics, régie de l’eau, structures sanitaires adéquates, lutte
contre la spéculation foncière et immobilière, etc.).
Cette union doit être la plus large possible, réunissant tous les partis de
gauche sans exclusive, les forces syndicales et associatives qui veulent
en finir avec le clientélisme, le racisme et la trumpisation des esprits.
Dans le cas contraire plus dure sera la chute.
Antoine Mariani
