Après le colloque de Cargèse du mois de mars 2025, qui a été le déclencheur de la nécessité d’une mobilisation citoyenne, a été mis en place la coordination antimafia regroupant des associations comme U Levante, Per a Pace, la Plateforme Citoyenne…
Les collectifs antimafia ont également continué leurs travaux et ont participé à la mise en place de la commission territoriale des dérives mafieuses, commission antimafia de la collectivité. Y ont été désigné coprésident-e-s Antonia Luciani pour le collège des élus et Jérôme Mondoloni pour le collège de la société civile avec les collectifs antimafia.
La conférence de presse à Ajaccio des collectifs et de la coordination antimafia de ce samedi 28 février 2026 permettra de montrer ce qui a été réalisé, d’informer la société civile de ce travail , et lui demander d’être encore plus présente afin de renforcer, de soutenir cette démarche.
Notre mouvement INSEME A MANCA- L’APRES a déjà soutenu et s’est associé à l’appel de la coordination et des collectifs antimafia pour les manifestations du 15 novembre 2025 à Ajaccio et Bastia et c’est dans ce contexte que nous voulons rappeler notre position précisant l’enjeu de ce combat antimafia.
En effet, plus qu’une question judiciaire, la lutte contre le crime organisé en Corse est devenue un enjeu de souveraineté, un combat pour la démocratie et la liberté.
Avec une économie fondée sur la rente touristique et foncière, une société profondément inégalitaire, une population très fragilisée sur le plan social et culturel et une certaine classe politique rongée par le clientélisme et les idées d’extrême-droite, le terrain est en effet favorable à une prise de pouvoir mafieuse.
Rien n’est cependant définitivement perdu. Outre une action politique visant à mettre en œuvre les mesures économiques et sociales, permettant à la Corse de s’émanciper d’un modèle économique et de réduire considérablement les inégalités, il est tout aussi important, voire plus, que la société civile (associations, syndicats, citoyen-ne-s) se mobilisent, comme en Sicile, pour dénoncer les agissements et les méthodes mafieuses, mais aussi pour soutenir les hommes et les femmes qui résistent et produisent d’ores et déjà des alternatives.
C’est aussi le rôle des partis et mouvements politiques de soutenir cette mobilisation et de s’engager concrètement dans cette lutte entre le peuple et les nouveaux féodaux.
Ajaccio, le 28 février 2026
Paolo Borsellino, juge anti-mafia, assassiné le 19 juillet 1992 : « La lutte à la mafia, le premier problème à résoudre … ne devrait pas être seulement une œuvre détachée de répression, mais un mouvement culturel et moral impliquant tous, et particulièrement les jeunes générations, les plus aptes à sentir immédiatement la beauté du parfum frais de liberté qui fait rejeter la puanteur du compromis moral, de l’indifférence, de la contiguïté et donc de la complicité. »
