Construction d’un moulin à grains pour une coopérative de femmes du Burkina Faso – 2012
« Une femme, malgré les apparences, n’est vraiment libérée que dans un monde où toutes les femmes le sont. Il y a du chemin à faire. Mais ce chemin, toutes les femmes doivent le faire ensemble dans une parfaite solidarité » Gisèle Halimi1

Le 8 mars 2026, journée internationale des droits des femmes dont le thème choisi par l’ONU Femmes est « Droits. Justice. Action pour toutes les femmes et les filles » est la journée où le temps d’un instant un espace privilégié leur est accordé. Le temps :
– d’un bilan sur la situation des femmes dans notre société et dans le monde ;
– de se réjouir de progrès notables mais aussi, très lucidement, de s’alerter sur les reculs et dangers d’un monde en perte de perspectives et livré à la progression du fascisme, des dictatures, colonialismes et impérialismes.
Le 8 mars met en lumière toutes ces femmes qui dans le monde, sur tous les territoires, dans tous les pays, respirent, vivent, travaillent, animent, s’engagent, souffrent, luttent et meurent.
Mais faudrait-il attendre une seule journée pour 365 jours d’existence dans l’année pour parler d’elles. 365 jours d’existence ou somme toute elles vivent une vie ‘ordinaire’ faite de ces gestes quotidiens et simples qui participent à la construction d’un monde durable et pacifiste.
La vie n’a jamais été ‘un long fleuve tranquille’ et les femmes tout au long des millénaires, à travers le monde, n’ont cessé d’utiliser leurs forces et faire preuve de courage, d’abnégation et de tolérance pour que la Paix ne soit pas un vain mot. Très souvent dans le silence jusqu’à s’en oublier elles-mêmes.
Elles sont pourtant omniprésentes dans toutes les luttes, avec leurs moyens, déterminées et solidaires.
Leur résistance qui éclate au grand jour aspire à la liberté. C’est un combat universel. Liberté d’être libre, d’exister, d’avoir des besoins, d’avoir des envies, de vivre dignement et d’être respectées dans leur intégrité morale et physique. C’est aussi simple que ça !
Il n’existe pourtant pas d’évidence quand le monde va mal.
Certaines souffrent bien plus que d’autres. Guerres, conflits, famines, privation des droits les plus élémentaires -éducation, santé, travail, logement digne…- violences conjugales et extra conjugales, harcèlement physique et/ou morale, …, viols, mutilations, enlèvements, tortures, …
Une femme qui lutte, lutte pour toutes les femmes du monde.
Une femme qui lutte pour faire tomber le modèle d’une société patriarcale lutte pour toutes les femmes du monde.
Une femme qui lutte contre les violences faites aux femmes lutte pour toutes les femmes du monde.
Une femme qui lutte contre le terrorisme et ses atrocités lutte pour toutes les femmes du monde.
Une femme qui lutte pour protéger ses enfants du déluge des bombes et de la famine lutte pour toutes les femmes du monde.
Une femme qui lutte contre toutes formes de discriminations et d’exclusions lutte pour toutes les femmes du monde.
Une femme qui lutte pour la Paix lutte pour toutes les femmes du monde.
Cette femme engagée dans toutes ces luttes non exhaustives pour le respect des droits humains se trouve dans tous les pays des cinq continents habités, Europe, Afrique, Asie, Amérique, Océanie.
Il y a aussi toutes ces femmes qui mettent à profit leur engagement, leurs connaissances, leur intelligence, leur vécu, pour témoigner et faire tomber l’indicible.
Dans un monde en proie au surarmement, dans un monde qui se prépare à la guerre, la liberté et la condition des femmes sont en danger mais ces dernières continuent leur lutte en espérant une vie égalitaire, démocratique et libératrice. Elles réclament le droit d’être décideuses de leur vie dans le respect des droits humains. « Sans espoir, il n’y a pas d’action » Jaha Dukureh2
L’engagement reste au cœur de tous ces combats, dans le sens d’une lutte en faveur de la liberté. De nombreuses associations sont impliquées pour soutenir, accompagner, témoigner et apporter cette nécessaire solidarité dont parle Gisèle Halimi. Leurs actions sont indispensables et doivent être soutenues car bien souvent elles manquent de moyens et de reconnaissance.
Le 8 mars, journée internationale des droits des femmes, sera également l’occasion de mettre en évidence cette solidarité.
En Corse, pour cette année 2026, l’association Per a Pace/Pour la Paix qui s’engage pour le respect des droits humains, la solidarité et la Paix, réaffirme son partenariat avec l’association Sirocco de médiation culturelle et sociale dont l’objet est de mettre en place des « Rencontres des cinémas arabes d’hier et d’aujourd’hui ». Les 4 et 8 mars 2026, des échanges auront lieu autour de la projection d’un film documentaire « À l’assaut du ciel » qui donne la parole à des femmes et hommes engagés kurdes réfugiés dans le camp de Lavrio en Grèce et de la projection du film « Viva Laldjerie », qui parle de Femmes, aux Femmes, entre espoir et désespoir. Avec beaucoup d’humanité. Une très belle exposition « Femmes, Kurdes, Liberté » sera présentée.
L’engagement et la lutte des Femmes de par le monde est aussi une participation à la construction d’une humanité respectueuse des uns et des autres, dans sa diversité de genre et sa diversité culturelle.
« Camarades, il n’y a de révolution sociale véritable que lorsque la femme est libérée. Que jamais mes yeux ne voient une société, que jamais, mes pas ne me transportent dans une société où la moitié du peuple est maintenue dans le silence. J’entends le vacarme de ce silence des femmes, je pressens le grondement de leur bourrasque, je sens la furie de leur révolte. J’attends et espère l’irruption féconde de la révolution dont elles traduiront la force et la rigoureuse justesse, sorties de leurs entrailles d’opprimées. » Thomas Sankara3 dans son discours : La libération de la femme : Une exigence du futur – 8 mars 1987.
Cette exigence du futur est devenue l’exigence du présent.
Ajaccio le 4 mars 2026
1 Avocate, militante féministe et femme politique franco-tunisienne.
2 Militante gambienne luttant pour les droits des femmes et conte les mutilations génitales féminines.
3 Homme politique anti-impérialiste, révolutionnaire, écologiste, féministe, panafricaniste et tiers-mondiste, Président du Burkina Faso de 1983 à 1987.
