Dans la nuit de jeudi 26 à vendredi 27 mars, au col de Teghime, au-dessus de Bastia, une table de lecture et une plaque commémorative ont été vandalisées.
Ce fait divers aurait pu rentrer dans la rubrique des actes ‘gratuits’ de vandalisme sur un bien public.
Mais ici, l’objet endommagé relate les combats du 3 octobre 1943 contre les troupes nazies et au cours desquels s’illustrera particulièrement le 2e GTM (les ‘goumiers’), protagoniste de la libération de l’île. Cette bataille de Teghime appartient donc intimement à l’Histoire de la Corse, à notre histoire.
Dès lors, cet acte révèle ce qu’il est, à la fois ignoble et emblématique d’un moment politique. En effet, même s’il n’a pas été revendiqué, nous ne pouvons pas ne pas y voir un résultat concret de l’offensive réactionnaire et raciste qui en remettant en cause, dans les discours, la vérité historique, prétend, ici même en Corse, effacer insidieusement, et le souvenir de la résistance populaire et militaire contre le fascisme et le nazisme, et le rôle décisif des ‘goumiers’ dans la victoire finale.
Or, ces discours, qui ont déjà dénaturé le débat public quand ils ne l’ont pas brutalisé, ne peut qu’aboutir à banaliser à la fois le révisionnisme, le négationnisme, le racisme et l’antisémitisme et conduire ainsi certains à détruire notre mémoire collective fondée sur le combat contre le fascisme et pour la paix et la justice.
À (ré)écouter Tighjime par le groupe I Surghjenti : https://www.youtube.com/watch?v=Bh-eH3oCVcQ
