L’enfance : «première victime de la pauvreté dans le monde, en France mais aussi en Corse» Le 15 octobre 2025 s’est tenu à Ajaccio le colloque organisé par la CLE*1 sur le thème de la pauvreté avec, pour cette année 2025, mis en évidence l’enfance : « première victime de la pauvreté dans le monde, en France mais aussi en Corse. »
Ce colloque était présidé par le docteur François Pernin, inlassable militant des droits humains luttant contre les discriminations et les exclusions. En préambule, plusieurs hommages ont été rendus, notamment au docteur Xavier Emmanuelli, décédé en novembre 2025, qui a participé au colloque et qui avait fait des enfants, l’engagement de sa vie, à la résistante Noëlle Vincensini, qui a lutté contre les discriminations et le racisme, à l’enfant Antoine Pilleux, qui est décédé à l’âge de 11 ans au « bagne de Castellucciu » à la fin du XIXème siècle.
Le dossier, ci-joint, fait état, au travers de témoignages et d’interventions de haute qualité de la précarité grandissante dans notre société, et sur notre île, et de la mise en danger de nombreux enfants.
Ce dossier dresse un constat sans concession et fait état de manquements graves. Des rapports publiés avec des données avérées sont alarmants et pointent les réalités de notre siècle : Pour ne citer que quelques chiffres éloquents : en août 2025, « 2159 enfants dormaient à la rue en France, dont 503 de moins de 3 ans, et ce nombre avait augmenté de 30% en 3 ans »*2, «…la mortalité infantile passée de 3,42 en 2012 à 4,1 en 2024 morts d’enfants de moins de un an pour 1000 naissances », plaçant « la France au 23ème rang des 27 pays de l’Union européenne sur cet indicateur », source 2024 : « En Corse, plus d’un quart des enfants sont pauvres, sur 60000 enfants, on en dénombre + de 15000 sous le seuil de pauvreté, … » *3.
Des manquements et des responsabilités qui en ce XXIème siècle obligent les institutions (Etat, collectivités territoriales, Collectivité de Corse en Corse, communes, intercommunalités, …) à assumer et mettre en œuvre de toute urgence les moyens et l’application des lois relatives à l’enfant et à sa protection.
Logement, dignité, alimentation, hygiène, précarité menstruelle, …, ce sont les enfants, eux-mêmes, qui en parlent le mieux. Ils ont ouvert le colloque de la CLE, faisant preuve d’une grande lucidité, affirmant ainsi leur participation et leur engagement à agir pour que des solutions soient trouvées. Ils ont proposé leurs solutions, numérique, sport, culture, transport, … affirmant leur volonté d’être partie prenante dans ce qui les concerne au quotidien.

La Convention internationale des droits de l’enfant*4 adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1989, ratifiée par la France en 1990, vise à « l’intérêt supérieur de l’enfant » et « engage l’État et les pouvoirs publics ». La Convention énonce les droits fondamentaux de l’enfant et est une référence par excellence et c’est pourquoi elle doit s’appliquer tous les jours et ne pas être oubliée.
Or aujourd’hui, un de ses droits est ouvertement bafoué, « le droit de ne pas faire la guerre ni la subir ». Rappelons que des millions d’enfants subissent les conflits armés. Ils sont tués, blessés, déplacés.
Il faut que cela cesse. Le colloque de la CLE, qui s’est tenu le 15 octobre 2025, participe à une prise de conscience, de toutes et tous, indispensable en alertant et en produisant les chiffres de la précarité qui au quotidien dans le monde, en France et en Corse provoquent souffrances et mal être. Un colloque qui s’il interroge est force de propositions également.
Il interpelle et le rapport ci-joint doit être lu et partagé par et avec le plus grand nombre.
Les solutions existent, les volontés politiques doivent être au rendez-vous. Il en va de la démocratie et des libertés fondamentales.
Un grand merci à tous les intervenants qui sont auprès des enfants dans leurs épreuves et dans leurs désirs d’accéder à une vie juste et digne.
*1 CLE : Coordination inter-associative de Lutte contre l’exclusion.
*2 : Intervention au colloque de Frédéric Jésu – pédopsychiatre engagé, ente autres, dans le domaine des droits de l’enfant.
*3 : Rapport Ghjuventù di Manca « Pauvreté des enfants en Corse, l’urgence sociale » novembre 2024
*4 : Intervention au colloque de Jean-Pierre Rosenczveig – Magistrat honoraire depuis 2014 après avoir été juge des enfants, entre autres, engagé dans le domaine des droits de l’enfant : « la Convention internationale des droits de l’enfant comme repère et outil juridique et politique »
* L’association Per a Pace – Pour la Paix de Corse, présente au colloque, vient en soutien des associations, qui de longue date, sont engagées dans la lutte contre la pauvreté en Corse. Au niveau international, elle met en place de nombreuses actions de solidarité envers les enfants. Parmi les actions les plus récentes, celles de Djibo et de Sindou au Burkina Faso. https://www.helloasso.com/associations/pour-la-paix-per-a-pace/collectes/burkina-faso-pas-d-education-pas-d-avenir-sindou-djibo
