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Un nouveau compromis historique !

par Angelo Leonetti

La France Insoumise (LFI) est en pleine tourmente. Depuis quelques jours les coups redoublent à son égard. La meute se déchaîne. La curée est lancée. La majorité des médias participe à l’offensive pour salir un peu plus l’organisation de Jean-Luc Mélenchon. La plupart des hommes politiques n’est pas en reste. De Jordan Bardella, « il signore » selfie, à Raphaël Glucksmann, en passant par Laurent Wauquiez ou le sinistre Bruno Retailleau, ou encore Jérôme Guedj, ancien copain intime de Mélenchon, et même François Hollande, tous redoublent d’ardeur pour condamner LFI, accusée d’avoir du sang sur les mains, d’être antisémite et islamiste. L’assassinat de Quentin Deranque, militant nationaliste, leur donne l’occasion de s’épancher sans vergogne. L’occasion fait le larron. Dans l’état actuel des choses rien ne permet d’attribuer cet assassinat à la Jeune Garde, collectif proche de LFI. L’enquête en cours le dira et la justice rendra la décision idoine. Il est évident que l’on ne saurait cautionner un tel crime. On ne tue pas un adversaire politique.

Le spectre de décembre 1933

Cela dit les propos outranciers, les arrière-pensées politiques de certains, contribuent à aggraver le climat délétère qui règne dans le pays. De surcroît, alimenté par une trumpisation de la vie politique. Il y a danger. Le spectre de décembre 1933 se rapproche. À cette époque les nazis ont accédé au pouvoir démocratiquement avec la bénédiction des konzern1 et des milieux d’affaires allemands. On a vu comment cela s’est terminé. Des dizaines de millions de morts, l’Holocauste, une Europe entièrement dévastée.

Il nous faut réagir. Certainement pas en reproduisant avec les mêmes politiques menées par Sarkozy , Hollande et Macron ou encore des politiques ripolinées à la sauce Glucksmann et compagnie.

Un nouveau compromis historique

Il nous faut du neuf sur la base d’un programme de rupture tant sur le plan national qu’international avec la participation du plus grand nombre. Il nous faut tout faire pour ramener les gens qui ont quitté la Gauche et qui se sont réfugiés dans l’abstention par désespoir et par dégoût. Et de même les gens qui s’apprêtent à voter RN. Comment y parvenir ? Il n’y a pas de recette miracle, mais on peut avancer l’idée d’un compromis historique pour 2027. L’idée n’est pas nouvelle. Elle a été mise en application en 1945 avec le programme du Conseil national de la Résistance qui a permis notamment la création de la Sécurité sociale, mesure exceptionnelle et inédite. Trois forces politiques : communistes, socialistes et républicains populaires sous la direction du général de Gaulle ont su taire leurs divergences et ont été capables, dans l’intérêt général du pays, de créer les conditions pour ce compromis historique.

Aujourd’hui, même si les conditions sont différentes – à l’époque on sortait de la Seconde Guerre mondiale – il est possible d’aller vers un tel compromis pour faire face à la situation économique et politique que nous connaissons et surtout pour barrer la route au RN.

Ce compromis, répétons-le, se ferait avec la gauche, y compris LFI, en excluant tous les gens qui ont été au pouvoir pendant des décennies. Il se ferait avec la participation des associations, des syndicats, etc.

Au-delà du programme, il nous faut un homme capable de rassembler le maximum de gens qui veulent un vrai changement. Malheureusement on ne saurait le trouver parmi la Gauche, aujourd’hui éclatée et divisée.

Cela pourrait-il être Dominique de Villepin ? Certes, Villepin a été l’homme du CPE et de la privatisation des autoroutes françaises. Rappelons à sa décharge, que de bons socialistes comme par exemple Lionel Jospin ont procédé pendant leur mandature de 1997 à 2002 au plus grand nombre de privatisations sous la 5ème République. De même François Hollande l’homme qui devait faire trembler la finance a été à l’origine de loi El Khomri et des cadeaux fabuleux aux multinationales telles que le CICE. Alors de grâce !

Rappelons également que Dominique de Villepin s’est exprimé clairement et positivement sur un ensemble de problèmes : Vénézuela, Cuba, génocide à Gaza, vassalisation de l’Europe, nécessité de répondre aux besoins sociaux du pays. Alors que des gens classés à Gauche dans le même temps entretiennent la plus grande ambiguïté sur ces problèmes.

Pour conclure, l’heure est au compromis historique pour recréer l’espoir.

De toute façon ce sont les Françaises et les Français qui décideront de leur sort.


1 Forme d’intégration économique visant au contrôle de toute une branche d’industrie, pratiquée en Allemagne après la guerre de 1914-1918 ; société organisée selon cette forme.