Nous partageons pleinement l’émotion du pays à la suite du meurtre de Lyanna. mais le traitement judiciaire du cas de Lyhanna ne montre que le fonctionnement ordinaire de la justice française .Et notre gouvernement le découvre.
Justice et vérité ne sont hélas pas ses préoccupations prioritaires . En effet, les déclarations successives des ministres de l’Intérieur, de la Justice ainsi que celle du président de la République se focalisent sur la responsabilité de la seule institution judiciaire, avec une rapidité qui interroge.
Macron, Darmanin et Retaillaud , se défaussent: la faute est au personnel judiciaire car les moyens y sont, une enquête sera faite. Et les sanctions vont tomber.Ce bla bla est pathétique et n’est pas encore une fois à la hauteur de ce drame.
Et Darmanin de mettre en avant ses nombreuses circulaires. Tout ça est pathétique.
En janvier 2025 il demande aux procureurs «une vigilance particulière» et un «traitement prioritaire» pour «les faits commis au préjudice des enfants». Mais cette priorité est noyée dans d’autres comme « le narcotrafic , l’antisémitisme ». Tout est prioritaire et finalement rien ne l’est.
Les circulaires succèdent aux circulaires en demandant à chaque fois de prioriser sans oublier les autres priorités ( sic)
Dernière priorité « hors sol » : traiter les 70 000 dossiers de plainte pour pédocriminalité en attente ,d‘ici le 14 juillet.
Nos politiques découvrent que la justice fonctionne mal, méprisent ceux qui travaillent sur le sujet, préfèrent la politique démagogique du coup de menton, des décisions prises à chaud , sous le coup de l’émotion, à l’emporte pièce : le rapport de la ciivise de 2023 ( https://www.ciivise.fr/le-rapport-public-de-2023) a été quasiment ignoré. Il y a eu une commission parlementaire intitulée“Les manquements des politiques publiques de protection de l’enfance” également en avril 2025 qui malgré un intitulé limpide, n’a eu aucun effet.(CEASE: https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/rapports/cease/l17b1200-ti_rapport-enquete.pdf.) .
Aujourd’hui, la poussée populaire contre les tribunaux et la justice de notre pays est un sujet. Mais nos concitoyens sont de moins en moins dupes de la façon dont est reléguée la parole des femmes et des enfants. Cette mauvaise prise en compte des agressions sexuelles contre les enfants et les femmes nous questionne . Les plaintes pour violences sexistes et sexuelles et les violences intrafamiliales sont les plus nombreuses a être déposées, et sont les plus chronophages.
Les chiffres sont insupportables :
– 160 000 enfants victimes de violences chaque année,
– 3 enfants par classe
– 1 % des auteurs d’inceste condamnés
– 72 % des affaires classées sans suite
– 1 enfant meurt tous les 5 jours.
La plupart du temps il s’agit d’une violence masculine, et la critique du patriarcat n’est pas porteuse par rapport à la mise en avant de la politique antimigrants .
Cette paresse intellectuelle, complaisante, l’aveuglement à ne pas donner les moyens nécessaires à la justice pour la mettre France au niveau de celle des pays européens, sont responsables des dysfonctionnements actuels.

Moyens de la justice : la France toujours à la traîne en Europe
Selon une étude de la Commission européenne pour l’efficacité de la justice, publiée en 2024, la France dépense 77,20 euros par an et par habitant pour financer son système judiciaire, soit bien moins que l’Allemagne, l’Italie ou l’Espagne. ( rapport 2024 de la Commission européenne pour l’efficacité de la justice (Cepej). ce qui représente 0,20 % de son PIB.
Si l’on compare avec ses voisins, l’Allemagne consacre à la justice pratiquement le double avec 136,10 euros par habitant; l’Italie, 100,60 euros ; l’Espagne, 96,80 euros, la Belgique, 102,50 euros , l’Autriche à 141 et la Suisse à 245.
Et si l’on regarde ce que représente le budget en pourcentage du produit intérieur brut (PIB), la France retombe sous la médiane (0,20 % contre 0,28 %), comme la Belgique (0,22 % du PIB). Au contraire de l’Allemagne (0,30 %), de l’Italie (0,31 %), de l’Espagne (0,34 %).
Les magistrats : la moyenne européenne est de 21,9 magistrats pour 100 000 habitants. La France, compte 11,3 magistrats, contre 12,2 en Italie, 14 en Belgique , 24,17 en Allemagne.
Concernant les procureurs, la France en a 3 pour 100 000 habitants, c’est le chiffre le plus bas. La médiane est à 11,2 la moyenne à 12,2. Ce sont eux qui initient les procédures après qu’ils aient reçu la plainte. Leur rôle est primordial.
Pour ce qui est de la charge de travail : un procureur en France traite 6,4 affaires pour 100 habitants, pour une médiane de 2,3.
Le budget de la justice tente depuis de rattraper le retard de 30 ans mais il est insuffisant et la part allouée à la protection des femmes et des enfants n’est pas sa priorité.
En conclusion : Utiliser les préconisations des rapports riches d’informations et de propositions (CIVISE et autres), sur le traitement des signalements des violences faites aux femmes et aux enfants, décider d’une politique judiciaire française à la hauteur des enjeux, hiérarchiser les directives, les moyens de financer et assurer le suivi de ces directives, est ce à l’ordre du jour ?
Seule la pression de notre colère peut y arriver
Lyhanna : oui à la justice, halte à la démagogie
On veut y croire:-((

