Convergence des luttes : acte 1
Ce 17 octobre, partout en France dans 1750 rassemblements et défilés, 800 000 personnes sont descendues et ont occupé les rues pour exprimer concrètement la volonté d’en finir avec les politiques austéritaires, autoritaires et bellicistes menées par les gouvernements d’Emmanuel Macron. Politiques qui contraignent tous les secteurs d’activités, mettent en cause la solidarité nationale et internationale et conduisent à l’inaction climatique. Succédant à celle des lycéens et des personnels de l’Éducation nationale du 13 octobre qui a réuni 400 000 personnes, cette mobilisation montre à la fois un net élargissement de la base des revendications et l’échec du pouvoir. En effet, initialement lancée par des collectifs citoyens et des Gilets jaunes pour dénoncer l’absence de mesures pour éviter la hausse des prix, l’appel a été rejoint par les syndicats lycéens engagés depuis près d’un mois pour obtenir des réponses à leurs revendications. De plus, la CGT et la FSU, mais aussi la Confédération paysanne ont également décidé de soutenir le mouvement sur leurs thèmes de revendication.
Macron est nu …
Face à cette montée en puissance de la contestation, le pouvoir macroniste, déjà isolé et discrédité dans l’opinion publique et sans majorité à l’Assemblée nationale, a tout de suite réprimé physiquement les actions de blocage et il a discrédité et déligitimé la parole des lycéen-ne-s, plus particlièrement celles et ceux des quartiers populaires. Alors que la répression policière déployée face à des jeunes a atteint son paroxisme avec, ces derniers jours, plus de 6000 interpellations et plusieurs blessés gravement mutilés, celle-ci n’est pas parvenue à terroriser, mais à développer inversement un enracinement du mouvement et une solidarité accrue de la population. Et c’est en accusant, sans aucune preuve, toutes celles et tous ceux qui s’opposent à ses politiques que le gouvernement s’est engagé dans une surenchère avec un discours indigne dans une démocratie. Si ce dernier apparaît produire une réaction inverse de celle que le pouvoir escomptait, il a en revanche banalisé dans les médias dominants et sur les réseaux sociaux les propos racistes, de haine et de mépris de classe.
… et l’extrême-droite dépouillée de ses horipeaux
Or, ces propos témoignent explicitement de la fébrilité des dirigeants, des éditorialistes, des cadres et des sympathisants de ces partisans de « l’ordre » bourgeois contre le peuple. En effet, déjà empêtrée dans des affaires judiciaires, présentes et à venir, et réduite à adopter le même discours répressif que celui du pouvoir macroniste, l’extrême-droite a perdu toute capacité d’imposer ses obsessions identitaires depuis près d’un mois. À quelques mois d’une élection présidentielle cruciale, contrainte, pour exister, de se rallier à Macron, après l’avoir fait à l’Assemblée nationale, elle est de fait incapable de se distinguer et encore moins de mobiliser et pourrait ainsi être sérieusement discréditée, si ce n’est précipitée dans sa chute.
La Corse dans le mouvement
Confrontée aux mêmes difficultés, voire plus, que sur le continent en termes de niveau de vie, de logement, de déplacement et d’étude, les Corses ne sont pas restés en dehors du mouvement de contestation, même si le poids des organisations nationalistes, plus impliquées dans le projet d’autonomie que dans les préoccupations quotidiennes de la population, écrasent encore toute expression politique et citoyenne. Dès lors, les manifestations qui se sont déroulées à Ajaccio et à Bastia, ce 17 octobre, réunissant près d’un millier de personnes, dont de très nombreux lycéens et lycéennes, ont permis de montrer que la Corse était bien impliquée dans un combat vital et qui va bien au-delà des seules revendications prises isolément. C’est un combat pour la solidarité entre les générations, pour la démocratie et contre les idées d’extrême-droite qui gangrènent également notre île. C’est aussi un combat pour sauver notre planète du chaos climatique et de la prédations des milliardaires. C’est enfin un combat pour la Paix et pour le droit international.
Pour Inseme à Manca – L’APRÈS, ce 17 octobre n’est pas un début, ce n’est pas non plus le Grand soir, c’est avant tout une étape, l’acte 1 dans la convergence des luttes. Mais c’est une étape fondamentale. Elle permet en effet de constater que l’union de celles et ceux qui veulent améliorer les conditions d’existence pour toutes et tous est largement plébiscitée et permet de rassembler des foules immenses dans les rues leur offrant ainsi un espace d’éducation et de conscientisation.
Ajaccio, le 19 octobre 2026
